Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

5 septembre 2012

Mon départ de Ténérife!

Mon départ de Ténérife!

Mon départ de Ténérife!  Le vent soufflait faiblement, chose étrange, il venait de la côte au départ.  Tellement le vent peinait à gonfler le génois durant les premières heures, je n'avais d'autre choix que d'accepter la possibilité qu'il me faudrait plus d'un jour afin de quitter cette côte...  la vie voulait que j'eusse le temps d'admirer ce paysage volcanique, ses piques et ses coulées...  J'aurais peut-être dû rester une journée ou deux de plus à terre tant qu'à faire...  mais, il fallait que j'y aille...  En m'éloignant lentement de Santa Cruz, le vent changea de direction.  Finalement, les alizés m'eurent rejoint.  Je changeai d'amure.  Et le vent s'élevait et la mer devenait de plus en plus capricieuse avec des déferlantes d'une puissance incroyable.  Des pointes de vitesse de 7.5 noeuds sur le loch, sous génois seul.  Je devais l'enrouler.  La vitesse de Loréline ne diminuait pas.  Le vent s'engouffrant entre les îles ne faisait qu'augmenter.  Je ne dois pas me tromper beaucoup si je les ai crus jusqu'à 35 noeuds.  À ce rythme, je n'allais plus voir ces îles assez tôt dans la soirée.  J'ai constaté voir le sommet de Gran Canaria, l'île voisine à l'est de Ténérife.  Nous faisions des miles comme très rarement, de la même façon que nous sommes arrivés.  Lors de celle-ci nous avions atteint 8.0 noeuds sur le loch, avec 2 ris et quelques tours sur le génois.  Mais cette fois-ci les vagues étaient plus dangereuses.  Deux d'entre elles ont sévèrement fait basculer Loréline.  La dernière a presque fait passer par-dessus bord des cordages traînant dans le cockpit.  Ils étaient à sécher sur le banc babord et d'un bond se retrouvèrent sur celui tribord.  C'était la première fois que je voyais des vagues s'engouffrer entièrement dans le cockpit de cette façon entraînant le voilier à basculer aussi subitement...  Je n'avais d'autre choix que d'enrouler encore.  Être plus prudent, faire moins de vitesse.

Comme de fait, le soir venu, vers 21 heures locales, nous étions sortis du couloir où le vent s'accélère.  Nous avons pu dérouler le génois, car la vitesse avait diminué, la mer aussi.  Les îles étaient presque perdues de vue.  C'était maintenant les vraies conditions de navigation qui se présentaient à nous.  Mais pas tout à fait, les prévisions portaient le vent à 20 noeuds, mais il semblait vouloir diminuer de vigueur.  Ce qu'il fit durant la nuit. Après qu'il fut tombé complètement l'instant de me lever et me demander ce qui se passait, je me suis retrouvé avec un vent venant de l'Afrique, du Maroc.  J'ai donc hissé la grande voile.  Je me retrouvais au près du vent, avec un vent apparent qui me faisait tout de même avancer  à 5 noeuds...  Curieux cet alizé?!  C'était à n'y rien comprendre, mais je me devais de prendre ce qui m'était offert. 

Reprendre le contact avec les étoiles,  je ne m'étais pas levé pour rien!  Peu de temps après, quelques heures au plus, les alizés reprenaient place.  Comme si cette pause me disait simplement, hisses ta grande voile, tu en auras besoin!  Comme de fait, la journée du 2 septembre passa lentement comme passaient les alizés que je pouvais à peine sentir sur ma peau.  Par chance du moins, ils la rafraîchissaient un peu.  Je suis plutôt un ours polaire qu'un animal des tropiques! 

La journée du 3 septembre se passa à peu près de façon identique à la précédente, sans trop d'action dans les airs.  Par chance je me disais, il me faut bien du temps pour retomber sur mes pattes, après une escale.

En regardant mon livre de bord comme il faut.  Je me souviens trois choses. 

Mon oiseau est apparu la journée du départ et la suivante. 

Juste avant que le vent tourne au près, le 2 septembre avant la levée du jour.  J'ai écrit quelques heures auparavant qu'il y avait formation nuageuse...  Probablement, je ne suis pas encore un excellent météorologue, peut-être que c'était une petite dépression locale... Il y eut aussi quelque chose d'étrange le 2 septembre.  J'ai aperçu une bande de poisson, je ne peux dire lesquels.  Ils sautaient dans l'eau bien sûr.  Mais je ne les voyais pas.  Je voyais seulement leur éclaboussure.  Tout un spectacle que je n'ai pas eu le temps de filmer.  Ils passaient trop rapidement en travers du bateau, ils sont passés environ à 100m de nous pour disparaître rapidement au loin sur babord.  Ils devaient être au-dessus de 50 spécimens.

En date du 5 septembre, il ne nous reste environ pas plus de 400 miles à faire.  J'ai espoir d'arriver pour dimanche à Dakar si les éléments veulent bien jouer en notre faveur.  Car présentement, il faut se suffire de nos pas de tortues...  Mais les voiles en ciseaux une fois de plus, nous avons la chance de ne pas manquer de vent...  sauf pour l'éolienne, le vent apparent est trop faible pour que nous puissions l'entendre régulièrement...



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