Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

14 août 2012

Confidence pour confidence

Confidence pour confidence

Confidence pour confidence, je crois que ça fait plusieurs fois que je vous en parle...   Je me fais un peu vieux effectivement, j'avoue que j'ai des pertes de mémoire.  Sérieusement, je ne regarde jamais la météo lorsque je suis chez moi à Québec.  Je trouve même parfois blasant d'entendre les gens parler de ce qui fera demain...  Et puis après, s'il pleut, c'est bon pour les légumes et la verdure!  Mais par ici, en mer...  ouf!  Je me trouve épuisant, c'est mon premier passe-temps.  Ce qui est comique, c'est de réaliser la différence qu'il y a avec les anciens navigateurs et ceux d'aujourd'hui.

Je termine un autre livre de ce fameux Bernard Moitessier.  Celui qui récite l'année qu'il est passé au Cap Horn avec sa femme.  Incroyable les moyens avec lesquelles les marins naviguaient.  C'était au sextant, pas de GPS.  Les journées ennuagées, ils faisaient route à l'estime.  Et pour savoir l'emplacement des dépressions...  à l'estime aussi!

Tandis qu'aujourd'hui, avec les systèmes de communication...  Incroyable, je reçois les fichiers grib dont j'ai besoin pour savoir, à très peu de choses près, ce qui s'en vient et où se trouvent les basses et les hautes pressions.  Le problème qui se pose maintenant, c'est qu'il faut jongler avec ces données.  Alors, on essaie de trouver le meilleur chemin  pour profiter du meilleur vent sans trop subir les grosses dépressions.  Je me suis fait jouer un tour dans les bancs de Terre-Neuve.  Et actuellement, je suis aux prises avec à peu près la même situation.  J'approche de la côte du Portugal sérieusement.  Ce n'est pas un choix que j'ai fait.  Ce sont les vents qui m'y ont poussé.  Je suis d'ailleurs très satisfait d'avoir fait cap vers le large en sortant de Brest.  Ce fut un choix très judicieux.  Cette route m'a donné beaucoup d'eau à courir au cas où le mauvais temps viendrait.  Mais j'aurais peut-être dû aller plus au large. 

Actuellement, je suis un peu près de la côte pour affronter la dépression sérieuse qui s'en vient sur moi.  Si j'avais eu le temps de faire du sud assez pour l'éviter, ça aurait été bien.  Mais je suis pris avec un vent qui me fait faire un mauvais cap directement vers la côte.  À ce rythme, je ne passe pas la dépression.  Comme dans les bancs de Terre-Neuve.  De plus, aujourd'hui le vent m'a complètement lâché.  Alors je dérive avec le courant aussi léger qu'il soit, directement vers la côte, cap 90 degrés.  Mais bon, le vent viendra.  Je devrai tirer des bords.  Selon les prévisions météo, il s'en suit d'une dépression par-dessus dépression dans notre secteur.

Le scénario est bien simple.  Vent du sud, qui me fait tirer un bord vers le large. Le vent tourne ensuite à l'ouest.  Excellent, je fais ensuite route vers le sud directement... jusqu'à ce que le vent tombe, vire un peu vers le sud...  cap vers la côte...  je peux retirer un bord pour m'en éloigner...  jusqu'à la prochaine dépression! 

Facile à comprendre que l'on ne fait pas beaucoup de millage utile...  Physiquement c'est un peu dur, le sommeil pas facile à trouver.  Il faut toujours être à l'écoute du bateau.  Il faut ariser les voiles durant la nuit parfois.  Les hisser ensuite lorsque le vent tombe. 

À travers tout ça, j'ai découvert le plaisir des crêpes bretonnes.  Maintenant que j'y suis allé, je sais exactement comment ça se prépare.  Je ne suis pas capable de faire les crêpes, il faut leur pierre spéciale, mais je m'en suis procuré déjà faite qu'il ne reste qu'à garnir...  Je préfère celles avec un œuf dessus...  J'aime les œufs!!  Tant qu'à faire avec du fromage et de la viande!  Bien garnie, je n'en mange qu'une et ça suffit.  Suivie d'une autre sucrée!

Aller Loréline, faut aller trouver les Alizés!

Je vous laisse sur une photo prise à Brest, je l'ai examiné quelques minutes, je l'ai filmé, prise en photo, elle me faisait penser...

Regardons où nous mettons les pieds...  il y a des choses que nous ne voyons pas vu de notre perchoir qui sont aussi importante que nous... peut-être même plus!?  Savoir prendre le temps...



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