Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

12 août 2012

Je ne pouvais pas espérer en sortir d'une meilleure façon

Je ne pouvais pas espérer en sortir d'une meilleure façon

Je ne pouvais pas espérer en sortir d'une meilleure façon.  Normalement à cet endroit du globe les vents prédominent de l'ouest.  Alors, lorsque j'avais du vent d'est, je n'avais pas le choix.  Il fallait que je prenne le départ.  Ensuite, les prédictions sont ce qu'elles sont, un peu imprévisibles!  Tirer quelques bords afin de sortir de la rade de Brest a rallongé ma sortie d'au plus quelques heures.  Ce qui vient par la suite peut-être moins drôle!  La baie de Gascogne.  Un peu comme les bancs de Terre-Neuve.  J'en ai entendu parler, j'ai lu sur eux, l'envie d'y faire un long séjour me passe assez rapidement.  Et j'espère passer sans perdre de temps.  Voyons voir ce que les conditions météo nous réservent maintenant... 

Comme je disais pour sortir de la rade, le vent a tourné pour m'éjecter dans la mer facilement.  Le vent est passé de l'est, au nord.  Et il a fait le tour de la rose des vents dans le sens des aiguilles d'une montre en deux jours.  Du 8 au 10 août, ce fut de superbes journées de navigation facile.  Au plus, je devais ajuster les voiles et notre cap selon le vent qui s'amusait à nous tourner au tour tranquillement.  C'était vraiment plaisant d'autant plus que nous avons franchi l'autoroute des cargos en plein jour le 9.  Mon but était de franchir cette ligne imaginaire franchement de façon à ne pas y naviguer trop longtemps et aussi de m'éloigner de la côte le plus possible rapidement, afin d'avoir de l'eau à courir si jamais le mauvais temps surgissait.   Je crois bien avoir accompli cette mission. 

Le 10, le vent venait du sud-ouest, directement dans le nez.  Notre route commençait à être moins bonne.  Il commençait à être grand temps que je mette du sud dans notre cap.  Comme de fait, le vent n'avait fini de tourner.  En après-midi du 11, il venait de l'est.  Loréline pointait au nord-ouest, le virement de bord s'imposait.  Cap au sud et si la tendance se maintient, bientôt le cap devrait être convenable.  L'idéal serait du 220 degrés environ.   Mais comme d'habitude, j'essaie de faire avec ce qu'on me donne.  Alors, nous faisions cap au près serré dans une mer convenable de deux mètres environ.  Et bien j'avouerai que le près n'est pas fait pour nous.  C'est loin d'être confortable et Loréline est assez médiocre dans ces conditions.  Mais par chance elle a des voiles neuves, elle réussit à faire des pointes de 5.5 nœuds sur l'eau et 6.4 nœuds sur le fonds.  Au final, nous faisons 90 miles utiles par jours.  C'est lent.  Il faut dire que la vague en pleine face ralentit considérablement le bateau, la vitesse descend à 3.0 nœuds d'un coup et même parfois à 2.2 quand nous n'avons pas eu le temps de reprendre la vitesse perdue.  Mais que voulez-vous.  Un jour peut-être j'aurai plus de moyens...  Avec une coque qui loge plus et qui  fait plus de millage quotidien.  Pour l'instant, je fais avec et elle fait très bien.  Mais physiquement le près est très difficile.  Je suis épuisé.  Mais je sais que les alizés s'en viennent...  Mais quand?

Alors là, c'est la question.  En regardant les fichiers grib, je m'aperçois qu'il n'y en aura pas de facile!  Du vent dans le nez, du vent dans le nez et du vent dans le nez.  Jusqu'à ce que nous sortions de ce trou à rat.  Si nous sommes chanceux, nous devrions en sortir à peu près à la latitude des Açores.  Les prévisions nous font tirer des bords...  tirer des bords dans l'océan...  jusqu'au 41e parallèle...  Je le savais que c'était possible en allant à Brest, que nous aurions quelques difficultés, soit pour y aller ou pour en ressortir.  Si ce n'est que cela, nous sommes vraiment chanceux.  Ça aurait pu être pire, un ouragan par exemple!

D'ici ce temps-là, nous avons eu droit aux meilleurs plaisirs de la navigation!  Des ciels étoilés comme jamais depuis le début.  Une étoile filante, la première depuis le début.  Encore une fois, des dauphins lumineux la nuit!!  Ça, c'est tout un spectacle!  Et la cerise sur le sundae,  je sais que vous êtes là...  merci beaucoup...  mais il y a aussi mon oiseau qui est revenu, je l'ai vu le 9 août, incroyable, il m'a retrouvé en sortant de la rade!



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