Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

18 juillet 2012

La mer telle que vue dans les films

Je voulais vous envoyer un autre texte, mais pour qu'il soit complet je devais lui joindre une photo.  Mais le peu de vent ces derniers jours a laissé l'éolienne en reste...  Pour envoyer une photo, il faut environ 10 à 15 fois plus de temps.  Je crains avoir à peine ce qu'il faut pour vous envoyer ceci, alors je dois me contenter!

La mer telle que vue dans les films paraît monstrueuse et effrayante.  Les réalisateurs doivent être en recherche de sensations fortes pour plaire au public.  La mer vue de la terre près des cailloux paraît dure et dévastatrice.  Bien sûr lorsqu'elle se brise sur du roc, elle ne peut sembler autrement que pernicieuse.

Mais la mer vu la mer, elle est gracieuse.  C'est une onde d'eau, qui laisser libre, ne fait que soulever tranquillement ce qui a sur son passage peu importe son poids.  Cette onde peut être le résidu du vent ou bien être son annonciateur.  Mais décidément hier soir, lorsque je regardais le coucher de soleil, la mer que je voyais, l'onde qui nous soulevait était ce qui restait des vents des derniers jours.  Je dis les vents, car il y a eu presque tout, les vents de tous azimuts de l'ouest.  Il s'est amusé à tourner au nord et parfois au sud comme ça.  Le résultat a formé une mer croisée.  Hier, le vent était à peine de 5 nœuds.  On voyait des ondes du nord-ouest et d'autres du sud-ouest s'entrent- croiser.  Et parfois, lorsque deux ondes de différents azimuts arrivaient au même moment à la même place, la mer était soulevée d'autant plus à cet endroit.  Quel spectacle devant un si beau couché se soleil... Et la nuit, ce phytoplancton brassé pas le safran nous laisse une traînée lumineuse dans notre sillage.  Dormir sur une mer paisible, il n'y a rien de plus récupérateur, imaginez cet immense lit d'eau qui vous berce.  Mais faire son quart de veille à travers ce ciel qui ne peut être plus rempli d'étoile.  Même que ce matin, après que mes yeux soient bien ouverts, je dirais sans trop me tromper qu'il y a des planètes à l'horizon.  La plus basse doit être Vénus, mais l'autre par contre je n'ai pas idée.  Mais Vénus m'annonce que le soleil va bientôt se lever. 

Ces dernières journées ne m'ont pas fait diable avancer.  Je parle du diable, car j'ai surnommé mon moteur la tentation du dia...  Lundi le 16 j'ai fait 74 miles...  le 17 je devrais faire pas plus de 55 miles...  Le temps peut paraître long effectivement.  C'est la raison pour laquelle je me suis amusé a surnommé mon moteur.  Mais j'y résiste très bien.  Je m'occupe bien.  D'ailleurs, hier j'ai eu le temps de faire plusieurs choses.  J'ai installé pour la première fois mon vélo stationnaire, j'ai aussi pédalé pour me dégourdir.  Et j'ai fait aussi des petits travaux qui se devaient d'être faits.  J'aimerais écrire plus, mais je suis limité par le vent (habituellement à terre, l'expression s'avère plutôt être limité par le temps, en mer c'est plutôt le vent qui limite) alors je prends des notes manuscrites.      

À cette heure-ci, il me reste 960 miles à faire.  Normalement, je fais au moins 100 miles dans une journée, si le vent est bon je peux en faire 120.  J'en ai fait 135 durant les journées qui ont suivi ma sortie des bancs de Terre-Neuve.  Il faut prendre ce qui se présente à nous et faire avec.



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