Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

7 juillet 2012

Pires 24 heures de navigation

Pires 24 heures de navigation

À moins qu'une sirène apparaisse....  Mais mes chums m'ont dit de s'en méfier, même de celles-là!  En tout cas, je ne crois pas que les bancs de Terre-Neuve soient faits pour les sirènes.  J'ai franchement vécu les pires 24 heures de navigation que j'ai vécu jusqu'à maintenant.  La dépression ne m'a pas laissé passer.  J'ai donc dû faire cap au sud.  Et pour ne pas trop perdre de terrain, j'ai tenu bon au près bon plein.  Ça veut dire, trois ris dans la grande voile, foc de 14m, borde moi ça et regarde voir qu'est-ce qui se passe.  Le bateau a fait son chemin, mais pas sans souffrance.  Ça cognait raisonnablement.  Il ne ventait pas si fort, au plus 30 noeuds, peut-être des pointes à 35.  Mais la mer...  au moins comparable au golf, je croirais pire.  Nous avions déjà vécu 40 noeuds dans le golf et le bateau ne cognait pas autant.  Hier, les vagues n'étaient pas haute 1 à 2 m, mais très rapprochées, une planche à laver.  J'étais à la limite de prendre la fuite.  Les vagues qui cognaient, passaient littéralement par-dessus l'embarcation.  Je me faisais poivrer en endraillant mon foc.  Un temps à rester à l'intérieur, ce que j'ai fait une fois mes voiles et mon régulateur bien régler.  Comme d'habitude, je jetais un oeil à l'extérieur aux deux heures.  Sinon je peux très bien voir sur tous les angles par les hublots.  Je courais après mon énergie, dormir et manger du mieux que je peux, mais pas facile cuisiner dans ces conditions, dormir non plus.  Mauvais 24 heures.  Les bancs de Terre-Neuve, je m'en souviendrai.  Je savais, j'en avais entendu parler.  Je ne voulais pas y aller, mais je ne m'en suis pas assez méfier.  Dure leçon.  Pour le moment, la dépression est passée.  Je fais de nouveau le bon cap.  Si tout va bien dans deux jours je serai sorti de ces hauts fonds.  

Le vent a viré au sud, puis il prend de l'ouest tranquillement.  Il devrait s'établir au sud-ouest pour quelques jours.  Le brouillard semble levé, le ciel était bleu durant la journée.  Il faisait même chaud.  J'ai enlevé mon habit d'homme mouillé pour le moment.  Il reste  environ 2 000 miles nautiques à faire.  Je roule 6 noeuds aujourd'hui.  Je me plais à penser que c'est le même oiseau qui me suit toujours.  Il s'amuse à frôler les vagues, rentrer dans les creux pour se perdre, je l'ai même vu toucher l'eau avec son aile, ça lui a permis de tourner brusquement et arrêter. 

Bon ça y est, les nuages ont recouvert le ciel.  Je vous ai déjà parlé de ma théorie sur la vie?!  C'est un mouvement de va et vient (bande de pervers) mais c'est plutôt un mouvement hélicoïdale...  pensez-y, on s'en reparlera!

En passant, je voulais remercier la gang du Pub.  J'ai lu votre carte avant-hier.  Franchement apprécié, j'ai toujours aimé travailler avec vous, belle gang, tous des machines...  avec des sentiments!  Philippe, va falloir tu me sortes une recette de volaille à l'eau de mer, le poisson mord pas!  J'vais revenir vous raconter tout ça!



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