Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

29 juin 2012

À deux jours du départ des Îles

À deux jours du départ des Îles

À deux jours du départ des Îles, je commence à être impatient.  Le bateau commence à être prêt.  Depuis le début de la semaine que nous étudions la météo.  Après quelques petites dépressions incertaines, le temps s'en vient propice.  Samedi ce serait bien, mais j'avais dit dimanche...  J'aurais juste à donner un petit coup vendredi et je pourrais être prêt!  Mais je n'ai pas envie d'être à la course.  De toute façon,  mon voilier a déjà pris la mer dans de pires conditions et ce n'est pas comme si je n'avais jamais pris la mer.  Je voulais prendre le temps de démêler mes cartes et faire ma route samedi, mais nous en avons déjà discuté.  Je ne veux pas descendre trop bas en latitude, surtout ne pas rentrer dans l'anticyclone des Açores.  Ce n'est pas une course, mais je n'ai pas de temps à perdre avec cette zone de haute pression où le vent peut me faire défaut.  Et j'aimerais bien éviter les bancs de Terre-Neuve.  Nous les avons connus lors de la dernière traversée...  Si j'avais un bateau plus rapide, m'assurer un moins long séjour dans ces conditions à couper au couteau où j'avais presque tombé malade...  Toutes ces réflexions me viennent à l'esprit, elles sont faites et assimilées.  Je me sens vraiment prêt.  Et le bateau...  il reste quelques visses...  elle n'a jamais été aussi prête, et j'aurai du temps pour le reste en mer. 

Pourquoi suis-je ici, aux Îles...  Pour voir les chums, alors je les ai vus.  C'était vraiment plaisant de prendre une bière et de jaser, avoir des nouvelles.  Ils m'excuseront de ne pas rester longtemps, comme d'habitude.  J'arrive et je ne reste pas longtemps, je crois qu'ils comprennent.  Si je restais, je pourrais rester pris longtemps.  La philosophie des insulaires ressemble à la mienne.  L'entre-aide.  Ce que je passe mon temps à faire quand je ne cours pas partout afin de partir naviguer.  Certains croient que mon voyage est individuel.  Alors ils n'ont rien compris.  Mais ça ne me dérange pas.  Je continue quand même.

Si nos modèles sociaux commençaient  par montrer l'exemple...  Je crois que le vrai changement commence par l'individu.   Alors je prends mon vélo le plus souvent possible.  Je suis arrivé au dépanneur où il y avait trois voitures.  Deux étaient en marche avec personne à l'intérieur.  S'il vous plaît, au moins si vous prenez un véhicule éteignez-le lorsqu'il ne sert à rien.  J'espère un jour avoir la force de dire les choses respectueusement...   Ici, nous sommes en train de jouer l'avenir de nos enfants.  Dans certaines grandes villes du monde les gens se promènent avec des masques...  La pollution, les émissions de CO2 ont un effet sur l'état global de la planète.  Nos gestes quotidiens jouent un rôle sur la fonte des glaciers qui sont littéralement notre air climatisé.  Tout comme les arbres que nous avons coupé pour laisser place au développement...  Le manque a gagné est incommensurable...  Nous avons tellement pris durant le dernier siècle que nous avons hypothéqué les générations futures.  J'ai espoir en l'être humain, il saura se regrouper, malgré toutes ses différences, derrière un projet commun, transmettre aux générations futures une planète viable....  Je commence par moi, commencez par vous!



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