Sylvain Fortier - Les projets Équiglobales

Carnet de Bord

1 août 2010

Mission accomplie!


Le premier départ était le vendredi 16 juillet. Mais comme je vous l’avais rapidement écrit, le bris de la pompe à diesel nous obligea à faire un détour à Punta Delgada sur l’île de Sao Miguel. Cette escale n’a duré que 24h. La navigation pour s’y rendre fut lente et parsemée de voile et de moteur. Nous y sommes arrivés dimanche le 18 juillet en avant-midi. Étant donné la fermeture de tout les magasins le dimanche, nous pouvions prendre le temps de visiter un peu la ville et de profiter des festivités en soirée.

Nous sommes repartis l’après-midi du lundi le 19 juillet. En général, ça n’a pas été une navigation très mouvementée. En fait, ça dépend de quel point de vue on la regarde. À mon avis, ce fut une belle mer avec de belles vagues qui nous faisaient simplement faire des miles. Mais du point de vue à Neus…

Nous sommes partis avec une légère brise venant du nord-ouest. Elle nous a poussé les deux premières journées. Ainsi nous sommes sortis lentement de l’anticyclone des Açores. Ensuite, le vent a viré au nord puis au nord est. Cette transition a durée environ une journée. C’est donc jeudi que le vent s’est établi lentement. Nous faisions 100 miles par jour. Et du coup, dans la nuit de jeudi le vent a forci à 35 nœuds avec des pointes près de 40. Ce vent nous a poussé jusqu’à dimanche. La mer était un peu folle avec des vagues entre 8 et 10 pieds dont certaines déferlaient légèrement et d’autres soulevaient et déplaçaient littéralement cette masse d’acier. Nous nous sommes fait poivrer comme il le fallait. La meilleure fois, j’étais à peine habiller, me levant du lit à peine réveiller, debout sur le pont en train de vouloir prendre de la toile. L’éclat de la vague a passé par-dessus tête. Lavé d’un coup.

Comme je vous disais, à bord il y avait un cœur fragile, et il a flanché. Pour ma part, je ne sais pas ce qu’est le mal de mer, mais ce n’est sûrement pas agréable à vivre. En tout cas, ça change un peu la dynamique de groupe, disons que c’est un peu moins la fête à bord. Elle a tout de même eu quelques regains d’énergie par-ci par-là. Malgré qu’elle passa la majorité du voyage couché. Nous n’y pouvions rien, elle voulait au moins faire à manger une fois de temps en temps. Nous faisions entre 130 et 140 miles nautiques par jour. Malgré le mal aise à bord, nous avancions!

Après 7 jours de navigation, il nous restait 650 miles à faire. Ainsi, la dépression s’est éclipsé la nuit du dimanche 25 juillet pour faire place aux alizés du nord est. Ce vent constant de 15-20 nœuds nous faisait faire tout de même une vitesse agréable. Nous ne sommes pas descendus en bas de 130 miles par jour. Sauf les deux dernières journées. Le vent est tombé complètement. De toute façon, il était temps que la traversée se termine. Je peux comprendre que 12 jours couchés se peut être long et monotone. Jamais dans ma vie je n’ai brûlé autant de carburant que durant ce convoyage. J’en suis vraiment déçu. Mais toutefois je dois considérer les facteurs qui venaient sans cesse mettre de l’huile sur le feu. Je devais donc tempérer pour que tous et chacun soit au moins un peu satisfait.

Je me suis fait demander comment je faisais pour avoir le cœur aussi solide et ne pas dormir autant. Je dormais au plus 4 heures par nuit lorsque tout allait bien sinon par fois une heure à peine quand tout allait croche. Le temps que je remette le bateau dans le sens du monde. Mais je faisais toujours des siestes le jour. Le sommeil je crois que c’est simplement un entrainement et de la capacité physique. Pour le mal de mer, je crois que c’est plus compliqué. Il y a une partie de peur, ça j’en suis persuadé. Il y a aussi le facteur habitude. Sérieusement, Guillaume a pris un risque en emmenant sa blonde, très peu expérimentée en transatlantique. C’est peut-être ma faute, j’aurais peut-être dû ne pas accepter. Mais la chose à faire avant d’entreprendre un aussi long trajet si vous ne voulez pas prendre la chance que votre copine perdre l’envie de naviguer, c’est de faire du temps de navigation dans toutes les conditions.

Pour ma part, je prendrai l’avion vers l’Europe d’ici 10 jours. Je n’y suis jamais allé et il y des voiliers en France possiblement intéressant. Alors, j’espère y passer quelques semaines. Je reviendrai à la fin août au Québec. J’ai plusieurs projets dans la tête, comme toujours. Et la journée qu’il y aura une femme qui embarquera dans mes délires de vie, je projette sérieusement partir… Prendre le temps qu’elle sache autant que moi faire fonctionner le bateau et tout le tralala, sinon c’est plus épuisent avoir un novice à bord et en plus malade que d’être seul. Ça je n’ai pas vraiment envie non plus.

Encore une fois merci d’avoir été là, je devrais encore un peu écrire par plaisir d’ici peu. De toute façon, je vous raconte tout ça en personne dès mon retour.

Pour ce qui est des péripéties y’en a eu vraiment beaucoup pour faire le résumé. Un voilier qui n’a jamais naviguer, c’est un voilier que tout peu arriver alors… Mais juste par plaisir, je passe vite sur une. Les batteries sont situées juste à côté du moteur, qu’est-ce que vous penser que ça peut faire… AH! AH! Elles ont bouilli! Elles n'avaient plus une goûte d’acide à l’intérieur. À peu près à 100 miles des côtes, pas une puf de vent du tout, la pétole… Une chance que les panneaux solaires sont gros. Sinon le moteur n’aurait jamais redémarré.

je n'ai pu transmettre de photos, le système ne répond pas bien, désolé une autre fois!


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